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sopaipawawa

maquette pour oeuvre autonome

Le concept de l'Antiforme peut se voir comme un paradoxe car l'intention de l'artiste s'impose d'une certaine manière. Suivre l'imperfection de la matière mène à se fusionner à elle et donc être présent aussi dans le résultat. Mon projet se construit dans l'optique de cette paradoxe: laisser la matière se faire tout en jouant avec la présence de l'artiste.




les galets et les germes

Au Pérou les galets gris et noirs sont très présents dans de nombreuses plages. Celle où j'allais quotidiennement surfer faisait partie de ces "plages à cailloux" qui réservent souvent des surprises: coups sur la planche pour les débutants, coups sur les doigts des pieds pour tout le monde ou encore marcher sur un oursin caché. Petits incidents qui nous rappellent qu'on dialogue avec la nature et sa parole (et qui, mine de rien, enrichissent l'aventure!)

etc

fusains nus 2

dérive et cendrier

fusains nus

                                                                                                                            DSC03104_copie.jpg DSC03106_copie.jpg

la sale histoire d'eustache

Une Sale Histoire d'Eustache est un film questionne la valeur de l'image de plusieurs façon. Tout d'abord, si l'on parle de sa composition et que l'on se demande sur la relation qu'il peut y avoir entre la première partie (l'histoire jouée) et la seconde (l'interview), on pourrait bien parler d'un remake. Ce remake a un intérêt éthique et esthétique sur la nature du cinéma, car il nous montre qu'il s'agit toujours d'une représentation, que le cinéma est une "reproduction" du vrai. Platon serait heureux, c'est presque l'exemple même qu'il aurait aimé donner pour éloigner les hommes des illusions, car l'image est représentation de la représentation de l'idée, du Vrai. Cet éloignement dont parle Platon, on la retrouve un peu dans ce film qui questionne la valeur de l'image en tant que représentation d'une réalité.
Il convient maintenant de commenter les valeurs autonomes que les deux parties ont en elles-même et leur interaction. Les deux parties, l'histoire joué et l'interview, le drame et la réalité, sont autonomes car elles ne dépendent pas, à la base, l'une de l'autre. L'histoire et les meurtres de Charles Manson ont été reportés dans le film Helter Skelter par exemple, comme beaucoup d'autres faits réels refaits devant la caméra et cela fait un film et non pas un documentaire. Ici aussi, l'interview et le "remake" sont de nature indépendantes, c'est comme la pipe de Magritte et son fameux "Ceci n'est pas une pipe". Mais mises ensemble, l'une à coté de l'autre, les deux parties interagissent et posent des problèmes. Comme on l'a vu précédemment, elle questionnent la valeur de l'image et la relation qu'elle entretien avec le vrai (pour revenir a Platon). Mais il y a un autre problème qui nous est posé. D'un coté, le remake nous semble captivant car le jeux des acteurs (c'est la Nouvelle Vague, donc on est dans un cinéma très proche de la réalité) a quelque chose de "philosophique" si l'on ose dire. On ressent l'idée comme venant de quelqu'un qui a atteint un certain savoir, qui a vu l'idée de Platon, il a atteint une certaine vérité. D'un autre coté, l'interview, qui aurait pu nous paraître également un discours presque gnoséologique, ne l'est pas et on a l'impression d'écouter un pervers qui raconte cette sale histoire que nous venions d'écouter auparavant. Le philosophe est transformé en pervers? Le pervers est transformé en philosophe? Voila une question que le filme pose, et qui me fait penser à quelque chose que Didi-Huberman dit a juste raison: toute image est par nature manipulée, car il y a toujours un instant pour déclencher la photo, un façon de filmer, toujours une volonté derrière une image. D'où la conclusion un peu platonicienne de ce film qui nous dit qu'aucune image est vraie. Elle subira toujours une manipulation.

petit hommage a pen-ek ratanaruang (texte)

Pen-ek Ratanaruang est thaïlandais, il a réalisé sept films et, malgré son succès aux Etats-Unis, il reste peu connu Europe occidentale. Son cinéma est d'une puissance artistique et philosophique importante: il interroge des thèmes très humains (comme le temps, le sens de la vie, l'homme et la société, etc) d'une manière très poétique. Son premier film, Fun Bar Karaoke date de 1997. On découvre les intentions de Pen-ek: créer une dissonance entre le fond et la forme, des images constamment ironique qui cotaient l'humour et le choix des thèmes n'est pas innocent: mort, violence, rêve, souffrance. En 1999, son deuxième film, 6ixtynin9, renforce une certaine éthique de l'image. Humour, danger, souffrance et ruse… se mélangent pour représenter l'ironie même de la vie. L'histoire de Tunn est aussi extraordinaire qu'ordinaire. Licenciée un matin, elle retrouve devant sa porte une boite de nouilles instantanées qui confient une million de bahts. Eblouie, inquiète, contente, effrayé, elle cache cet argent des vrais propriétaires et se retrouve ainsi une serial-killer. L'absurde de cette situation ne fait que rappeler l'absurde même de la vie et ses détours. En 2001: Monrak Transistor, Pen-ek y interroge, avec la même puissance, l'ironie de la société. Qu'est ce que réussir? Qu'est ce que le bonheur? Quel est la place de l'homme dans la société? En 2003 et 2006, Pen-ek réalise deux chefs d'oeuvres. (faire un film c'est une oeuvre d'art) La poésie de son art atteint son paroxysme. Last Life in The Universe est un arthouse de 112 minutes qui cite un certain nihilisme de la vie où l'on démasque les divertissement. Un ex-yakuza qui cherche à ne plus exister croise dans son ennui existentiel l'amitié et l'amour qui le sauvent . Dans Vagues Insibles, le même voyage philosophique se fait dans le but de sauver une vie. Je vous laisse maintenant découvrir Ploy, l'avant dernier film de ce poète du grand écran, qui pose encore des questions toujours aussi humaines et Nymph, réalisé en 2009, qui propose une nouvelle orientation, un nouveau regard…

jane fonda, enquête sur une image

Pour un Godard

Jean-Luc Godard est un écrivain de l'Histoire dont la plume est une caméra. Pourquoi je met l'accent sur l'engagement de Godard: parce que Godard a politisé son art et a marié sa révolution cinématique à la société. Et c'est intéressant, non pas surprenant, qu'avec la lettre à Jane Fonda, il pose cette question en 1972: "Quel rôle les intellectuels doivent-ils jouer dans la révolution?"
La révolution de Godard commence par le cinéma. Des films comme Le Mépris (1963) ou Vivre sa vie (1962) inauguraient une nouvelle ère du 7ème art. Godard écrivait déjà des lignes dans le grand cahier de l'"Histoire" où il montrait au spectateur un autre regard sur la société, une autre moyen de montrer la vie. Mais ses intérêts ce sont tourné assez vite vers la partie "politique" de sa révolution et l'engagement a pris le dessus sur la poéticité de ces deux films (qui resteront, par exemple, mes deux films préférés de Godard). Une dizaine d'années plus tard, en 1972 dans Letter to Jane, cet intellectuel de l'image élargissait sa réflexion: "Quel rôle les intellectuels doivent jouer dans la révolution?" comme s'il se posait lui même la question ou comme s'il voulait déjà exposer sa thèse. Car la réponse c'est Godard qui nous la donne depuis quelques années dans ses propres films. Qui a mes yeux ont perdu énormément de poésie pour céder l'espace à l'engagement de l'image et au ton politique.
Je ne suis pas contre la théorisation d'un art (tant qu'elle reste une option parmi d'autres théories) ni contre l'utilisation d'un art pour une cause plus large (sociale par exemple). On est bien d'accord pour dire que l'art a cette faculté de travestissement que l'on a vu tout au long de l'histoire et quelque soit la cause à défendre (des écrits de Voltaire, aux chants nazis) et ce qui conclut toujours sur la grande question philosophique: " il y a-t-il une morale dans l'art?"
Godard pose des questions toujours intéressantes sur la manière de faire du cinéma ou, plus largement, de faire une image. On le lit avec intérêt dans la description qu'il fait sur l'enquête qu'il mène avec Gorin sur la photo de Joseph Kraft où l'on voit Jane Fonda au Vietnam interrogeant les habitants d'Hanoi. Toujours un questionnement "technique" (de réglages, de mise au point, de champs, de plans, etc.) et de "symboles" (l'actrice Jane Fonda sur la photo et non pas quiconque). Je trouve ces interrogation intéressantes surtout dans le domaine de l'engagement que Godard s'efforce, à mes yeux, de théoriser. Et ce qui me fait aujourd'hui, malheureusement, le voir plus comme un théoricien de l'image et un militant "moral" de l'interprétation qu'un cinéaste qu'on a plaisir à aller voir et écouter.

Quel rôle le cinéma doit-il jouer dans le développements des lites révolutionnaires? Quel est le rôle des intellectuels dans la révolution?

Bien, Godard et Gorin interrogent l'engagement dans un sens large (dans une oeuvre telle Tout va bien comme dans cette photo ou ils questionnent directement: "Comment avons-nous regardé cette photo? comment notre regard a t-il fonctionné en regardant cette photo?") D'où la partie technique prend toute son importance; c'est un symbole situé pris en photo, le moment capturé est précis, la mise au point, les flous et tous les éléments susceptible d'interprétations sont pour une cause: la paix au Vietnam.
Mais il est vrai que le poids qui pèse, dans cette photo, sur le symbole Jane Fonda sur est celui de sa condition d'actrice et la valeur de son expression de tragédienne, par nature vide de sens. Le visage de Jane Fonda ne renvoie à rien qu'à elle même et sa propre tendresse, aucune cri, aucune bombe, aucune réalité est évoqué à travers elle. Traduire le réel est donc trouver le rôle que ce symboles doit jouer dans la photo. Surtout que Godard ne le dit pas, mais il s'agit toujours de "traduction" (et la limite entre traduire et trahir le réel est très mince) Comme le dit d'ailleurs Didi-Huberman, toute image est par nature une manipulation.
Le symbole doit penser à sa fonction. Jane Fonda doit penser "à son fonctionnement d'actrice, et socialement, et techniquement", autrement dit de prendre en charge non seulement son militantisme mais de savoir quoi faire de son rôle de symbole. Activer son engagement par son art. D'où une actrice qui interroge et une actrice qui écoute n'est pas la même chose.

l'hier aujourd'hui

Les falaises biarrottes cachent des cadavres de l'Histoire où retentit l'écho de l'occupation Nazi. La Cote des Basques comme Le Phare de Biarritz conservent des bunkers allemands comme une prothèse qui permet de revivre une époque et dont le temps et la nature n'ont pas oublié de laisser leur trace. Un passé qui se chevauche avec le présent et qui lutte avec lui. Des ruines qui tremblent à l'éclat des vagues comme si l'on témoignait un bombardement, un squelette dont la forme devient presque une oeuvre mais dont le fond s'impose malgré tout.

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a mouriscot

sin hueso

break it, stretch it, brend it, crush it, crack it, fold it

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sopaipawawa

surfin' the baskcoast

pour une soirée avec van gogh

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au fil de la plume de l'oiseau impovisé

Je donne carte blanche à l'improvisation dans ce billet, un peu comme pour rêver de liberté (ou... se réveiller de la vie sociale abrutissante). Laisser l'encre envahir la feuille blanche comme un cour d'eau qui pénètre les terres et nourrit un pays... rouler l'allitération, composer la cadence. La beauté de ne savoir quoi dire est que l'on sombre dans un monde nervalien ou l'on permet à ce "je" inconnu de Rimbaud de s'exprimer. Et quoique l'on fasse croire à l'enfer, aux autres, que l'on n'a rien à dire, notre mot est plus naturel et loin de ce gros mot "vérité". Vérité est comme une lumière pour enfer qui se délecte salement à vouloir la suivre depuis Socrates et les grecs qui y voyaient la "vertu". Des diables qui se mordent eux même leurs corps pour traverser une vie rongée en espérant d'arriver à ce feu parfait et s'y jeter pour crever contents. Et que la morale chrétienne et Saint Augustin viennent nous dire que "le feu purifie l'âme" afin de clore ce processus de sublimation, cette philosophie de vie abstraite et artificielle. La recherche de la vérité est trop vieille pour m'empoisonner derrière ses barreaux. Je suis très loin de penser que cela soit le but de l'homme car je crois que la vie n'as aucun but et n'as aucun sens... si ce n'est le but et le sens qu'on crée soi-même. Voilà le bon égoïste pour moi, celui de Stirner, qui "ne base sa cause sur rien d'autre que lui", pareil que Dieux, Vérité, Humanité.... et dire Moi avec une majuscule. Maître du destin celui qui se consomme lui-même à travers son art qui ne répond qu'à son inter-action avec le monde (entre son introduction et son intérieure), celui qui retrouve la nature en lui.

dialectique

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